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Société

Algérie : Sami Agli, DG du Groupe Agli

L’entrepreneur de 38 ans fait partie de la jeune génération d’hommes d’affaires algériens qui perçoivent l’Afrique comme un terrain d’investissements privilégié. Groupe Agli, qu’il dirige, multiplie les partenariats.

Alger, Samia Lokmane-Khelil

Le directeur général de Groupe Agli, Sami Agli, figure pour la deuxième année consécutive dans le Top 100 des leaders africains de moins de 40 ans qui jouent, ou qui seront amenés à jouer, un rôle important sur le continent.

Ce classement élaboré par l’institut Choiseul, publié en octobre 2016, s’attache d’après ses organisateurs, depuis 2015 à « sélectionner les 100 dirigeants économiques africains les plus performants de leur génération et qui oeuvrent à l’ouverture et à l’essor économique d’un continent en pleine mutation, des dirigeants d’entreprises florissantes, des entrepreneurs à succès, des investisseurs ou porteurs de projets innovants, qui incarnent le dynamisme et le renouveau de tout un continent et portent les espoirs de toute une génération».

Six Algériens ont été choisis pour incar­ner cette prise de conscience. Le patron de Groupe Agli se dit honoré : « Ce classement montre que des Algériens se passionnent et qu’on trouve de la compétence dans notre pays. Il est aussi un espoir pour les jeunes entrepre­neurs algériens. À titre personnel, il représente une reconnaissance », a-t-il réagi au cours de la cinquième édition du Choiseul Summit tenue mi-mai à Alger.

Des ambitions africaines. L’entrepreneur de 38 ans fait partie de la jeune génération d’hommes d’affaires algériens qui perçoivent l’Afrique comme un terrain d’investissements privilégié. Groupe Agli, qu’il dirige, multiplie les partenariats.

Avec ses camarades de la direction Jil’FCE, la section jeune du Forum des chefs d’entreprise, où il est chargé du recrutement, l’homme d’affaires de 38 ans avait entrepris un travail dense de lobbying afin de convaincre ce think thank de tenir son sommet en Algérie.

«Lorsque nous avons assisté à la quatrième édition qui a eu lieu en janvier en Égypte, nous avons pris le défi d’organiser la rencontre suivante chez nous pour montrer que notre pays a toute sa place en Afrique. Ce défi a été relevé. L’événement est une pure réussite. Nous avons pu réunir 150 chefs d’entreprise, venant de 36 pays africains et quatre pays européens », se réjouit Sami Agli.

Un groupe diversifié

Sa passion pour l’Afrique, il la partage avec d’autres entrepreneurs de sa génération qui ont décidé de se tourner vers le sud pour leurs affaires. Les autorités du pays, qui avaient pour habitude de scruter l’horizon de l’autre côté de la Méditerranée, semblent avoir changé de direction. Jil’FCE n’a eu aucun mal à obtenir l’accord de la présidence de la République pour parrainer le Choiseul Summit. « Ce sommet s’inscrit dans la continuité de la volonté politique du gouvernement algérien de revenir en force en Afrique », explique Sami Agli. Lui-même vient du sud de l’Algérie.

Natif de la ville saharienne de Biskra, l’entrepreneur a repris la gestion du groupe familial spécialisé dans le condition­nement et la commercialisation des dattes. La ‘Deglet Nour’ cultivée dans les vastes palme­raies de Biskra, fait la notoriété de l’entreprise y compris à l’étranger.

Ces dernières années, le groupe créé en 1967 s’est lancé dans un vaste programme de diversification de ses activités (construc­tion, immobilier…). Diplômé en mana­gement, son directeur général est l’auteur de cette stratégie d’expansion qui vise en priorité les différents segments de l’indus­trie agroalimentaire, comme la transfor­mation des céréales.

Une biscuiterie a ainsi  été construite : elle produit 300 tonnes de biscuits par mois. Parmi les marchés exté­rieurs du groupe, figure l’Afrique où Sami Agli recherche constamment de nouvelles opportunités d’affaires. Actuellement, il négocie l’exportation des biscuits vers le Bénin, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

 Une diplomatie économique plus entreprenante

Selon lui, il est plus facile de faire des affaires en Afrique qu’en Europe. Dans une tribune publiée au lendemain du forum d’af­faires algéro-africain tenu à Alger à l’automne 2016, le jeune patron a longuement disserté sur les partenariats possibles, exprimant son désir d’aller plus vite dans la conquête du conti­nent. « C’est le moment ou jamais pour l’Algérie de se réconcilier avec l’Afrique, son continent d’appartenance et son futur levier de croissance économique », a-t-il plaidé.

Pour matérialiser ce changement de cap, le patron met l’État à contribution, plaidant pour une diplomatie économique plus entreprenante et offensive qui facilite aux opérateurs algériens la compré­hension des spécificités africaines et accélère la mise en relations d’affaires.

Sami Agli estime que la législation algérienne des changes doit aussi être adaptée à la dynamique africaine afin de faciliter le transfert des fonds néces­saires à la réalisation d’investissements ou de plateformes logistiques pour les échanges avec le continent. « Cette stratégie devrait également aboutir, à terme, à un fonds d’investissement algérien pour l’Afrique, preuve, s’il en est, de cette volonté d’aller au-delà du discours politique. »

Son arrivée à la direction de Jil’FCE est d’ailleurs intervenue aussitôt le Forum d’affaires algéro-africain terminé. Le patron du FCE, Ali Haddad, l’a choisi avec trois autres jeunes entrepreneurs pour donner un nouveau souffle à son organisation et incarner ses ambitions africaines.

Mohamed Skander qui a été désigné à la présidence, est lui aussi très engagé sur le continent. Ce directeur d’un cabinet conseil en manage­ment (Bravehill) a ouvert en mars une filiale en Mauritanie.

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Written by Samia Lokmane-Khelil

Samia Lokmane-Khelil est journaliste collaboratrice au Magazine de l’Afrique, Africain Business et African Banker depuis 0ctobre 2009. Elle également correspondante à Paris (auparavant à Londres) du quotidien algérien Liberté. Détentrice d’un magistère en sciences politiques et en relations internationales, elle s’intéresse tout particulièrement aux thématiques en rapport avec l’éducation, la bonne gouvernance politique et économique et l’autonomisation des femmes.

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