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Politique

Algérie : Les islamistes s’organisent dans la confusion

Dans la perspective des élections du 4 mai, une vingtaine de partis se préparent à entrer en lice pour obtenir le maximum des 462 sièges répartis dans 48 circonscriptions. Les partis islamistes tentent des alliances qui, pourtant, ont échoué par le passé.

lger, Faten Hayed

les élections législatives de mai me ramènent vingt ans en arrière, en 1997, lors des premières élections pluralistes qui ont démontré que notre pays n’a fait que s’éloigner du modèle de démocratie. Elles laissent la place et l’espace aux partis islamistes qui peinent encore à produire une élite, et se fondent dans l’opportunisme », lâche Fahed Kessal, universitaire et politologue.

Depuis quelques semaines, l’agitation des partis islamistes est au coeur des débats. Deux alliances ont vu le jour. La première est celle du Front pour la justice et le déve­loppement (FJD ou Adala, de Abdellah Djaballah), avec Ennahda et El Bina.

La deuxième est celle du Mouvement pour la société et la paix (MSP) et du Front du changement de Abdelmadjid Menasra, un dissident du mouvement. Lors des dernières législatives, en mai 2012, les islamistes, qui espéraient surfer sur les victoires de leur mouvance dans les pays du «Printemps arabe», avaient enregistré leur plus mauvais score depuis le premier scrutin pluraliste de 1990.

Si « l’union est une nécessité », pour Abdallah Djaballah, président du FJD, « son rêve est d’être à la tête de tous les partis islamistes en Algérie, en chef de file incon­testé. Ce n’est pas la première fois qu’il tente par diverses manières d’arriver à ses fins. Djaballah est un homme redoutable qui connaît très bien le terrain et ses ramifica­tions en profondeur. Il a une qualité, en plus de son expérience, c’est la patience », explique le politologue Sofiane Rahmouni.

Qui poursuit : «Les islamistes ne sont pas dif­férents du régime actuel. Ils sont issus de s’attendre à des miracles avec cette fusion».

Pour certains observateurs, cette alliance ne sert qu’à rassembler les dissidents qui se sont constitués en partis et ont été obnu­bilés par les affaires et les opportunités. Certaines de ces formations islamistes tendent la main au MSP indécis.

Une influence peu connue

Les mouvances islamistes « tentent de faire un bloc pour ramasser le maximum d’électeurs et peser au sein de l’Assemblée nationale, c’est-à-dire se former en un groupe parlementaire très fort », commente Rachid Tlemçani, chercheur à l’Insti­tut d’études politiques à Alger. « Pour arriver à cet objectif, les islamistes sont prêts à toutes les alliances, ce sont d’excel­lents opportunistes ! Cependant, au sein de l’opinion publique, l’islamisme algérien est mort.

Certains groupes au sein du pouvoir essayent de les manipuler. On a tendance à oublier que le pouvoir algérien est conserva­teur, bureaucrate et travaille avec tous les courants. L’opinion publique est loin d’être gagnée, car quand les islamistes avaient un peu de pouvoir, ils avaient un mauvais comportement ; finalement au pouvoir ils ont fait comme tout le monde », analyse-t-il.

Pour ceux qui voudraient comparer la mouvance islamiste en Algérie à un modèle turc, Rachid Tlemçani rétorque : «Certes, ce qu’on appelle l’internationale islamiste des Frères musulmans existe de par le monde, mais il ne faut pas oublier que l’histoire politique de la Turquie était d’abord une histoire laïque jusqu’à la venue d’Erdogan à la tête du gouvernement. La culture rationnelle et démocratique de la Turquie n’existe pas en Algérie».

L’enseignant de l’IEP ajoute que la crise en Algérie « est plus profonde, car elle est économique, politique, culturelle, etc. Nous avons depuis 1962 un pouvoir autoritaire qui n’a pas permis l’épanouissement de toute idée indépendante du pouvoir lui-même ». On ne peut pas mesurer ce qui reste comme sympathisants réels de l’ex-FIS, faute d’instruments de mesure viables et fiables de l’opinion, en revanche, le spectre politique islamiste est très divisé et peu représentatif, pour preuve le nombre de partis agréés dans le pays.

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