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Algérie: Appel d’offres imminent

L’Algérie dispose d’abondantes ressources solaires représentant un potentiel économique de 170 000 TWh par an. Leur utilisation, et celle des énergies renouvelables (EnR) dans leur ensemble, permettra de réduire la dépendance à l’égard des hydrocarbures.

Par Gérard Choisnet

A l’occasion de la 3ème édition du forum Powering Africa Summit réunissant à Washington quelque 400 participants, le grand projet solaire photovoltaïque du ministère de l’Energie a été présenté le 10 mars par Mohamed Arkab, PDG de la Compagnie de l’engineering de l’électricité et du gaz (CEEG, filiale de Sonelgaz), entouré de Ouidad Hamrour, directrice du Développement et des moyens de production, et Madjid Bouguerra, ambassadeur d’Algérie aux Etats-Unis. Parmi les participants figuraient diverses banques et agences fédérales américaines, ainsi que la Banque mondiale.

Un appel d’offres pour la réalisation de ce projet de 4 050 MW « sera lancé à la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril », a annoncé Mohamed Arkab. « Ce projet, scindé en trois lots de 1 350 MW chacun, comprend deux parties, énergétique et industrielle, et prévoit la construction de plusieurs centrales dans les hauts plateaux et le sud du pays où le potentiel solaire est important ».

Ces centrales solaires photovoltaïques, d’une puissance unitaire de plus de 100 MW, seront installées dans plusieurs wilayas : Béchar, El Oued, Ouargla, Biskra, Djelfa, Msila…

Pour le volet énergétique, l’appel d’offres prévoit la création en partenariat de plusieurs sociétés assurant le financement, l’EPC (construction clés en main) et la mise en service des centrales, de même que la vente de l’électricité produite. Chacune de ces sociétés verra son capital réparti selon la règle habituelle 51%/49%. Les actionnaires algériens détiendront 51% des actions, dont Sonatrach 40%, et Sonelgaz et d’autres entreprises publiques et privées 11% (6% au maximum pour les privés). L’investisseur étranger disposera de 49%.

Chaque centrale devra être rentable par elle-même, chaque projet étant financé à 30% sur fonds propres des actionnaires et à 70% sur emprunts bancaires.

Les centrales solaires permettront de réduire la consommation de gaz utilisé localement pour la production d’électricité, et de réorienter ces volumes vers l’exportation. « A la Sonelgaz, nous sommes en train de travailler pour réduire la consommation de gaz, en privilégiant également les centrales à cycle combiné », soulignait Mohamed Arkab.

Pour le volet industriel du projet, une ou plusieurs usines d’équipements et composants photovoltaïques seront implantées en partenariat, pour créer les bases d’une industrie dans ce secteur. Leur capital sera soumis aux règles sur l’investissement étranger.

Le ministère de l’Energie a finalisé un décret exécutif définissant les conditions et procédures relatives à l’appel d’offres, et « au stade actuel, ce décret suit le processus de publication », a indiqué Ouidad Hamrour.

L’Algérie a adopté en avril 2011 un Programme national de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité energétique (PNDER). Le gouvernement a pour objectif une puissance installée de 22 000 MW d’EnR à l’horizon 2035-2040, dont 12 000 MW pour la demande intérieure, assurant ainsi 40% de la consommation nationale d’électricité (37% solaire, 3% éolienne), et 10 000 MW pour l’exportation. Les émissions de CO2 seraient en outre réduites de 4,2 millions de tonnes à l’horizon 2040. Le PNDER prévoit, au cours d’une 1ère phase d’une dizaine d’années, la construction de quelque 67 centrales solaires photovoltaïques et à concentration, fermes éoliennes et centrales hybrides.

Marquant le début du programme algérien d’énergies renouvelables, la 1ère centrale solaire intégrée à cycle combiné (150 MW, dont 25 MW solaires et 125 MW avec une turbine à gaz) a démarré en juin 2011 à Hassi R’Mel. Le projet a été réalisé par les groupes Sonatrach, Sonelgaz, et les espagnols Abener et Cofides, pour un coût de 350 millions d’euros.

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Written by African Business

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