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African Business

Afrique : Brèves économiques et financières

Une levée de fonds propres de 106 millions d’euros a été effectuée par le groupe ONOMO Hotels auprès de deux nouveaux investisseurs, CDC Group plc et CIC Capital. A la suite à cette transaction, Batipart, actionnaire historique (100 %), demeure l’actionnaire majoritaire d’ONOMO Hotels.

Par Gérard Choisnet

INTERNATIONAL

CDC Group et le Crédit Mutuel entrent dans ONOMO Hotels

Une levée de fonds propres de 106 millions d’euros a été effectuée par le groupe ONOMO Hotels auprès de deux nouveaux investisseurs, CDC Group plc et CIC Capital. A la suite à cette transaction, Batipart, actionnaire historique (100 %), demeure l’actionnaire majoritaire d’ONOMO Hotels.

Modernisation du chemin de fer Abidjan-Ouagadougou-Kaya. Les travaux de modernisation du réseau de chemin de fer reliant Abidjan en Côte d’Ivoire à Ouagadougou et Kaya au Burkina Faso ont été lancés le 4 décembre par les ministres des Transports ivoirien Amadou Koné et burkinabé Souleymane Soulama, et Eric Melet, président de Bolloré Railways.

Cet investissement s’inscrit dans le cadre d’une levée de fonds aux côtés de Batipart, un family office ayant plus de 30 ans d’expérience dans le domaine des investissements immobiliers et plates-formes d’exploitation. L’investissement permettra de générer plus de recettes en devises, de supporter la création de près d’un millier d’emplois dans la région et de construire l’infrastructure hôtelière nécessaire afin de faciliter l’activité dans certaines régions difficiles du continent africain.  

« Nous sommes ravis d’accueillir CDC Group et CIC Capital en tant que nouveaux actionnaires d’ONOMO » a déclaré Julien Ruggieri, membre du comité de direction de Batipart et président d’ONOMO Hotels. « Ensemble, nous allons fournir à ONOMO Hotels des ressources supplémentaires pour développer notre pipeline et nous étendre rapidement sur le continent, afin d’atteindre notre ambition de faire d’ONOMO Hotels la première plate-forme hôtelière panafricaine du segment 3*. »

Fondée en 2009, ONOMO Hotels est une société hôtelière africaine qui conçoit, développe, possède et gère des hôtels. Elle exploite actuellement huit hôtels, dont sept établissements détenus en propre (Dakar, Abidjan, Lomé, Bamako, Le Cap, Sandton et Conakry) et un hôtel géré pour le compte d’un tiers (Libreville). Deux nouvelles ouvertures sont prévues début 2018 à Kigali et Durban, représentant un portefeuille de 10 hôtels et qurlque 1 400 chambres.

Cette nouvelle étape de son développement permettra au groupe de poursuivre son implantation dans de nouveaux pays (Cameroun, Congo, Ouganda, Mozambique, Ethiopie) pour atteindre un portefeuille de 20 hôtels d’affaires offrant un service de qualité à un prix abordable.

Batipart, créé en 1988 par Charles Ruggieri, puise ses racines et a acquis son savoir-faire dans la gestion et la restructuration des logements de la sidérurgie lorraine.

Cette nouvelle étape de son développement permettra au groupe de poursuivre son implantation dans de nouveaux pays (Cameroun, Congo, Ouganda, Mozambique, Ethiopie) pour atteindre un portefeuille de 20 hôtels d’affaires offrant un service de qualité à un prix abordable.

ONOMO Hotels et Batipart étaient conseillés par le cabinet français De Pardieu Brocas Maffei. CDC, une institution de financement du développement entièrement détenue par le gouvernement britannique, était conseillé depuis Casablanca par Clifford Chance. CM-CIC Capital, filiale du groupe français Crédit Mutuel, était conseillée depuis Paris par Allen & Overy.

AFRIQUE DE L’OUEST

REGIONAL

Modernisation du chemin de fer Abidjan-Ouagadougou-Kaya

Les travaux de modernisation du réseau de chemin de fer reliant Abidjan en Côte d’Ivoire à Ouagadougou et Kaya au Burkina Faso ont été lancés le 4 décembre par les ministres des Transports ivoirien Amadou Kone et burkinabé Souleymane Soulama, et Eric Melet, président de Bolloré Railways.

SITARAIL, filiale de Bolloré Transport & Logistics, investira au total 260 milliards de F.CFA dont 85 milliards dès la première phase jusqu’en 2021 pour la rénovation du réseau ferroviaire et 70 milliards pour l’acquisition ainsi que la modernisation des équipements, locomotives et wagons. « Notre immense potentiel minier, le développement de nos projets agro-pastoraux et l’industrialisation de nos Etats requièrent le concours du chemin de fer, outil privilégié pour les transports lourds, à longues distances et à moindre coût et mieux respectueux de l’environnement », a souligné le ministre Amadou Koné, précisant que ces travaux prévus sur huit ans, seront financés par le groupe Bolloré.

Les travaux portent sur le renouvellement des voies ferrées, la modernisation du système de sécurité et la réhabilitation des gares, ponts et ateliers de maintenance. Ils prévoient également l’extension et le renouvellement du parc de matériels roulants (853 km de voies renouvelées, 51 passages à niveau sécurisés, 31 gares et 50 ouvrages d’art réhabilités). Ainsi, à échéance, plus de 5 millions de tonnes de marchandises pourront être transportées chaque année, ainsi que près de 800 000 voyageurs.

SITARAIL, concession de Bolloré Railways, gère 1 260 km de voies ferrées entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Présente depuis 23 ans, elle emploie 1 500 salariés et assure chaque année le transport de 200 000 voyageurs et de 800 000 tonnes de fret.

BENIN

Gestion temporaire du port de Cotonou par le port d’Anvers

La société Port of Antwerp International (PAI), filiale à 100 % de l’Autorité portuaire d’Anvers spécialisée dans les activités de conseil et d’investissement, a été choisie le 20 décembre par le gouvernement pour moderniser le port de Cotonou, qui enregistre un volume de fret annuel d’environ 12 millions de tonnes. Le gouvernement a décidé d’externaliser la gestion du port à titre temporaire, dans le but de donner à une autorité portuaire modernisée les moyens de lutter contre la concurrence régionale. À terme, l’administration souhaite poursuivre le développement des activités portuaires à travers une modernisation des infrastructures et de l’organisation. En 2017, PAI avait accompli diverses missions de conseil dans les secteurs portuaire et du transport.

L’Afrique de l’Ouest revêt « une importance indéniable » pour le port d’Anvers. Parmi les ports du nord-ouest de l’Europe, Anvers affiche la plus grande proportion de services directs vers l’Afrique de l’Ouest, avec à la clé une part de marché de près de 50 %. Le port béninois est également l’une des principales passerelles vers d’autres pays proches mais sans accès maritime, dont le Burkina Faso, le Niger et le Mali, ce qui lui confère une importance stratégique.

« Notre principale tâche consistera à moderniser l’administration portuaire sur le plan de l’organisation, de rénover les installations obsolètes, ainsi que de préparer et d’orienter l’extension du port », a déclaré Kristof Waterschoot, directeur général de PAI. « À court terme, PAI assumera certaines fonctions-clés au sein de l’autorité portuaire dans le but d’étudier de l’intérieur les processus existants. »

PAI entend recruter huit expatriés pour mener à bien cette mission sur le terrain. « À titre d’exemple, nous recherchons un CEO et un directeur financier. De plus, notre mission prévoit explicitement l’organisation de formations en gestion en vue de préparer les managers locaux à un transfert progressif de ces fonctions-clés », ajoute Kristof Waterschoot. Dans cette optique, PAI fera notamment appel à APEC, le centre de formations maritimes d’Anvers et de Flandre.

BURKINA FASO

Inauguration de la mine d’or de Houndé

Le président Roch Marc Christian Kabore a inauguré le 9 décembre dans la province du Tuy, région des Hauts-Bassins, la mine d’or de Houndé, qui entre dans sa phase opérationnelle 18 mois après le lancement des travaux.

Sébastien de Montessus,  PDG de Endeavour Mining, dont la filiale Houndé Gold Operation exploite le site, s’est réjoui des chiffres « record» que la mine atteindra : une production de 6 à 8 tonnes d’or par an, 20 milliards de F.CFA de recettes fiscales pour l’Etat, 700 emplois directs créés et 1000 emplois non permanents. La construction de la mine représente 6 millions d’heures de travail en 18 mois « sans un seul cas d’accident de travail. »

Selon le ministre des Mines et des carrières, Oumarou Idani, avec l’entrée en activité de la mine d’or de Houndé, 12 mines industrielles sont désormais en production au Burkina Faso, dont 11 mines d’or et une de zinc, et quatre nouvelles mines d’or sont en construction. La production industrielle est passée de 36 tonnes en 2015 à 40 t au 30 novembre 2017.

Détenue par Endeavour (90 %) et l’Etat burkinabé (10 %), la mine de Houndé se situe à 250 km à l’ouest de Ouagadougou. Le projet couvre 23,19 km2 et ses réserves sont estimées à 48,2 t d’or, avec une teneur moyenne de 2 grammes par tonne et un taux de récupération de 93 %. L’investissement est évalué à 328 millions $ (180 milliards de F.CFA).

Enregistrée aux îles Cayman et côtée à la Bourse de Toronto, Endeavour exploite six mines en Côte d’Ivoire (Agbaou et Ity), au Burkina Faso (Houndé et Karma), au Mali (Tabakoto) et au Ghana (Nzema), dont la production 2017 est évaluée à 630-675 000 onces d’or (environ 18 à 19 t).

CÔTE D’IVOIRE

Plus de 800 milliards F.CFA à investir dans les hôpitaux

Le président Alassane Ouattara a inauguré le 15 décembre 2017 à Cocody (Abidjan) le Centre hospitalier universitaire (CHU) d’Angré, d’un coût de plus de 35 milliards de F.CFA et d’une capacité d’hospitalisation de 250 lits, doté d’équipements de dernière génération. « Je suis heureux de mettre à la disposition des populations ce 5ème CHU », a déclaré le chef de l’Etat.

Bâti sur une superficie d’environ 36000m², le CHU d’Angré dispose, outre des services de santé de niveau 3 (CHU), d’un Centre international d’endoscopie et de techniques avancées en chirurgie.

Une nouvelle approche managériale a été annoncée pour la gestion du CHU par la ministre de la Santé et de l’hygiène publique, Raymonde Goudou-Coffie. L’établissement sera géré par un conseil d’administration, en lieu et place des comités de gestion en vigueur dans les autres centres hospitaliers. « Le nouveau CHU d’Angré permettra d’expérimenter le contrat de performance. La compétence sera le seul indicateur de performance à prendre en compte », a-t-elle indiqué, ajoutant que l’objectif est d’institutionnaliser la redevabilité du personnel de santé qui sera périodiquement auditionné.

Le gouvernement ivoirien rappelait fin décembre avoir investi dans le système de la santé, sur la période 2013-2016, un montant de 540 milliards de F.CFA correspondants au financement d’importants projets de construction, de réhabilitation, d’extension, d’équipement, de rééquipement et de mise aux normes d’établissements de santé. De nombreux projets sont aussi en cours d’études ou de réalisation pour un coût total de 287 milliards de F.CFA.


Pour les années à venir, le président de la République a autorisé des investissements d’environ 833 milliards de F.CFA, « qui seront principalement affectés à la construction d’infrastructures et au recrutement des ressources humaines nécessaires pour assurer aux Ivoiriens des soins de meilleure qualité, plus proches des standards internationaux. » Au niveau des infrastructures neuves, les autorités mentionnent la construction d’un CHU dans le quartier d’Abobo, de six  nouveaux Centres hospitaliers régionaux (CHR), de cinq hôpitaux généraux (Abobo Nord et Abobo Sud, Adjamé, Grand-Bassam et Yopougon-Attié), de trois hôpitaux militaires ainsi que de 200 établissements sanitaires de premier contact sur l’ensemble du territoire national. 

Construction de la centrale hydroélectrique de Singrobo-Ahouaty

Le gouvernement a adopté le 20 décembre une communication relative à la réalisation du projet d’aménagement hydroélectrique de Singrobo-Ahouaty à Tiassalé, sur le fleuve Bandama. L’Etat avait signé le 18 décembre 2013 avec la société Ivoire Hydro Energy (IHE), une convention pour la conception, le financement, la construction, l’exploitation et le transfert de propriété de l’aménagement de Singrobo-Ahouaty, d’une puissance installée de 44MW, pour une durée de 35 ans et un coût de 121 milliards de F.CFA.

IHE est une société ivoirienne créée en février 2012 pour porter le projet de Singrobo-Ahouaty, l’un des rares projets en Afrique subsaharienne promu et développé par un acteur local disposant d’une expérience reconnue dans le secteur. Son PDG et principal actionnaire, Ekolan Alain Etty, a été entre 1999 et 2005 directeur général adjoint de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) en charge de la gestion du réseau électrique ivoirien depuis 1990.

Le conseil des ministres a donné  le 20 décembre son accord pour la signature de l’avenant n°1 à la convention IHE qui règle les questions relatives aux modalités de financement et au démarrage effectif du projet apparues à l’occasion de son évaluation par les bailleurs de fonds.

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé le 6 décembre 2017 un prêt de 50 millions d’euros (32,8 milliards de F.CFA) destiné à financer la centrale de Singrobo-Ahouaty. Située à environ 148 km d’Abidjan, la future centrale, qui devrait entrer en service en 2021, contribuera à réduire la production thermique pendant les périodes de forte demande et à diversifier le mix énergétique de la Côte d’Ivoire. Le pays entend en effet porter la part d’énergies renouvelables dans sa production électrique à 42 % à l’horizon 2030, contre 15 % aujourd’hui. Les travaux sont prévus pour commencer au 2e trimestre 2018.

La centrale à biomasse Biovea démarrera fin 2020

L’État ivoirien, la société Biokala SA, filiale du groupe SIFCA fondée en 2010, et Électricité de France (EDF) ont signé le 30 novembre un accord tarifaire sur le prix de cession au réseau électrique ivoirien de l’énergie produite par la future centrale à biomasse Biovea, prévue dans la région d’Aboisso.

Initié en juillet 2012 par le groupe SIFCA à la suite de la signature d’un protocole d’accord entre l’État et Biokala, ce projet vise à produire de l’énergie renouvelable. En septembre 2014, SIFCA et EDF avaient conclu un accord pour la construction et l’exploitation de cette centrale de 46 MW (2 X 23 MW), située à Ayebo, qui permettra, à partir de 476 000 tonnes de biomasse collectée, une production annuelle de 337 GWh exportable sur le réseau interconnecté.

La centrale d’Ayebo, première unité à biomasse en Afrique subsaharienne utilisant des résidus de l’industrie agroindustrielle, sera une véritable source d’économie circulaire et inclusive adossée à la filière du palmier à huile. « Ce projet permet de générer un bonus environnemental en constituant une source de revenus complémentaires pour les planteurs de palmiers à huile, ce qui permettra de financer leur approvisionnement en engrais ou une assistance technique afin d’améliorer les rendements », selon David Billon, porteur du projet et président de Biokala.

En Côte d’Ivoire, avec plus de 200 000 emplois réguliers, la filière huile de palme fait vivre près de 2 millions de personnes, soit 10% de la population.

Le projet Biovea contribuera à une croissance inclusive de la région du Sud Comoé avec : des investissements de185 millions d’euros soit plus de 120 milliards de F.CFA ; une augmentation de 5 % à 10 % des revenus de base des planteurs pour plus de 10 000 exploitants ; et 1 300 emplois créés dans la Sud Comoé. La mise en service de la 1ère tranche de 23 MW interviendra au bout de 33 mois à compter de l’entrée en vigueur de la convention Biovea, soit au dernier trimestre 2020.

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