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Education

Afrique : La bataille de l’éducation

Le succès rencontré à Dakar, lors de la troisième Conférence sur le refinancement du Partenariat mondial pour l’éducation, en février, ne doit pas faire oublier les difficultés grandissantes des écoles publiques en Afrique, de plus en plus concurrencées par les écoles privées.

Par Christine Holzbauer, envoyée spéciale à Dakar

Dix présidents en exercice et trois anciens chefs d’État ainsi que plus de soixante ministres venus de tous les pays d’Afrique, d’Asie, du Pacifique et d’Europe de l’Est : la troisième Conférence mondiale pour le refinancement de l’éducation a tenu ses promesses.

Pour enrayer la baisse constante, depuis six ans, de la part de l’éducation dans l’aide publique au développement, le Partenariat mondial pour l’éducation (PME), une plate­forme de financement qui mobi­lise le soutien international en faveur de l’éducation dans les pays à faibles revenus et à revenus inter­médiaires de la tranche inférieure, souhaite mobiliser pas moins de 3,1 milliards de dollars pour la période 2018-2020.

À Dakar, 2,3 milliards $ ont déjà été trou­vés (contre 1,3 milliard pour les trois années précédentes) avec la promesse que le reliquat de 800 millions serait comblé d’ici à 2020, voire dépassé pour atteindre les 2 milliards $ par an tels que recommandés par la commis­sion internationale pour l’éducation, afin d’atteindre l’objectif 4 des ODD (Objectifs de développement durable) d’une éducation de qualité pour tous d’ici à 2030.

Basé à Washington, ce partenariat a été créé en 2002 et rassemble au sein de ses membres 67 pays parmi les moins dévelop­pés, plus de vingt bailleurs de fonds, des orga­nisations internationales et de la société civile. Les fonds récoltés à Dakar doivent servir à soutenir l’éducation de 870 millions d’en­fants dans 89 pays que le PME aspire à aider et dans lesquels vivent 78 % des enfants non scolarisés dans le monde.

En Afrique, où la population en âge d’être scolarisée augmente de façon exponentielle, l’urgence n’a jamais été aussi grande. D’où, selon Julia Gillard, présidente du conseil d’administration du PME et ex-Premier ministre d’Australie, cette décision de faire coprésider la conférence par les présidents Macky Sall et Emmanuel Macron qui avait valeur de symbole.

« Après le Danemark et la Belgique, nous voulions que cette troisième Conférence pour le refinance­ment du PME se tienne dans un pays d’Afrique qui consacre une grande partie de ses ressources à l’éducation de base avec une coprésidence d’un pays du G7. Le choix du tandem entre le Sénégal et la France s’est donc imposé », a-t-elle expliqué.

L’Union européenne, plus gros bailleur

Depuis 2003, le PME a alloué « plus de 4 milliards $ aux pays partenaires dont les deux tiers à l’Afrique afin de renforcer l’accès à l’école, la qualité de l’enseignement, l’équité dans l’apprentissage et la collecte de données », selon sa directrice générale depuis 2013, Alice Albright.

Malgré le retrait des États-Unis de l’Unesco, l’administration de Donald Trump a décidé de maintenir en 2018 leur finance­ment au PME, annonçant 75 millions $ de contributions. Comme par le passé, l’Eu­rope et quelques-uns de ses pays membres restent les principaux bailleurs du PME. Deuxième plus gros contributeur en dollars pour la période 2018-2020, le Royaume-Uni (367,4 millions) cède sa place de numéro 1 à l’Union européenne (439,5 millions).

La Norvège (276,1 millions), qui a toujours privilégié les financements multilatéraux, ainsi que le Danemark (210,1 millions), se placent respectivement en troisième et cinquième positions. La France, quant à elle, se hisse à la quatrième position avec une contribution de 260,4 millions $ pour la période, augmentée de 100 millions à l’AFD pour financer des projets éducatifs bilatéraux en Afrique, a tenu à préciser le chef de l’État lors de la conférence de presse de clôture qu’il a tenu avec le président Macky Sall et la patronne du PME au Centre international de conférence Abdou-Diouf.

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