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African Business

AfricaFrance lance le programme Young Leaders

Avec vingt jeunes leaders économiques africains et français, AfricaFrance inaugure sa première édition Young Leaders à Paris. Un tremplin pour une nouvelle génération de hauts potentiels à l’horizon d’un partenariat renouvelé.

Par Djamila Colleu

La fondation AfricaFrance, issue du sommet de l’Élysée de décembre 2013, lance le programme Young Leaders, une initiative destinée à susciter ou accompagner de nouvelles synergies économiques entre l’Afrique et la France.

L’objectif est de renforcer le leadership des participants et de créer des ponts entre la France et l’Afrique. La première édition qui se déroule à Paris sur le thème « Numérique et développement», rassemble du 3 au 5 juil­let, vingt jeunes issus de treize pays.

Pour découvrir ce vivier de nouveaux talents, le jury a été constitué sur la base de sa connaissance quotidienne de l’Afrique. Un panel qui réunit le partenaire principal de l’opération, l’AFD, un expert du numérique et des start-up comme Samir Abdelkrim, Françoise Laguenno de la CFAO, de grandes entreprises (Orange et Canal +), Le Point Afrique avec Malik Diawara et Jean-Michel Severino d’Investisseurs et Partenaires.

Une nouvelle génération de talents sélectionnés parmi 600 candidats, dont la moyenne d’âge est de 33 ans, venus d’horizons profession­nels divers : du numérique, au secteur des services, au transport, à l’agriculture, à l’énergie…

Distinguée à de nombreuses reprises, Marie Paule Quoih, qui se présente comme « une autodidacte des TIC » est la lauréate du prix de l’Innovation au Sommet Afrique- France de 2017, pour la création d’une appli­cation numérique, Archimed, de stockage de données médicales. Le programme constitue pour elle, « une opportunité pour ma carrière d’entrepreneur et le moyen de développer mon carnet d’adresses ».

Ou encore Aissata Diakité, jeune malienne chef d’entreprise, issue de la diaspora, qui a créé une entreprise de jus de fruits frais, Zabaan holding, basée à Bamako. D’autres participants, comme Edem Kokou Tengue, ont intégré des secteurs économiques stratégiques pour le développement du continent.

Jeune togo­lais de 36 ans, il est aujourd’hui directeur général de Maersk Togo, un armateur qui capte 16 % du marché mondial du transport de conteneurs. Côté français, Alexandre Coster, jeune entrepreneur social de 36 ans est le fondateur de la première école de commerce franco-sénégalaise, Eticca avant de s’immerger dans le domaine de l’accès à l’énergie scolaire et à l’eau potable en créant Baobab+.

Dans le domaine du digital, Arnaud Blanchet a développé une entreprise sociale permettant aux épiciers du secteur informel installé dans des bidon­villes en Afrique du Sud d’améliorer leur approvisionnement.

Sensibiliser au renouveau africain

Cette première promotion se retrouve à Paris pour une première séquence du 3 au 7 juillet avant de décoller pour l’Afrique en octobre 2017 afin de rencontrer à Abidjan et à Nairobi ceux qui comptent et investissent sur le continent. Objectif : nouer des partena­riats, constituer une communauté de leaders et créer des ponts entre différentes zones économiques d’Afrique.

Un programme parisien où les candidats sont pris en charge pour des séquences de mediatraining, des rencontres et des visites d’entreprises, notamment avec Danone, Vinci, Orange. Un programme assez large, où le fil conducteur du mérite et du développe­ment, consacre une place capitale au coaching, notamment avec l’atelier du marketing et du digital ; l’idée étant d’avoir des ateliers très pratiques qui répondent à des questions basiques sur les outils nécessaires à une entre­prise pour qu’elle soit adaptée à l’univers marketing actuel.

Parmi les rencontres avec des responsables économiques, Fleur Pellerin, l’ancienne ministre de la Culture, qui a créé sa start-up, Korelya Capital, un fonds de capi­tal-risque dédié aux nouvelles technologies, a répondu présente très vite pour organiser un dîner avec les Young Leaders et convier des personnalités comme Medhi Houas, ancien ministre tunisien et PDG de Talan.

Un dîner au cours duquel sera évidemment évoquée la problématique « numérique et développe­ment ». Autre personnalité impliquée dans le programme : Clara Gaymard, présidente du Women’s forum group.

Un partenariat renouvelé

« AfricaFrance pour une croissance parta­gée » revendique un esprit de parité pour que des cadres et des chefs d’entreprise en Afrique et en France créent de nouveaux programmes, de nouveaux partenariats et procèdent par l’exemple.

Ce qui doit mener à identifier des projets sur lesquels les Young leaders peuvent avancer ensemble, créer des emplois, essaimer des projets sur le continent. C’est sous l’angle de l’inte­raction et de l’échange que les rencontres s’organisent.

Que ce soit Henri De Castries pour AXA, Bruno Mettling pour Orange, Lionel Zinsou ou Rémy Riou, l’attente est celle d’échanges très personnalisés pour connaître les points d’actualité des projets, les points de blocage, les enjeux.

Une manière pour les grands groupes de développer leur présence en Afrique… Car les deux ont à apprendre l’un de l’autre, des solutions ici et là-bas. Avec cette première édition, AfricaFrance inaugure une démarche résolument tournée vers la construction de passerelles économiques entre les jeunesses africaines et françaises.

ENCADRE

Marion Scappaticci, directrice adjointe AfricaFrance

Quels sont les objectifs majeurs de votre programme ?

Notre vision est de donner un espace physique à la nouvelle génération, lui permettre de se rencontrer, car elle est éparpillée dans une cinquantaine de pays, entre la France et le continent africain. Souvent, les candidats sont immergés dans les réseaux sociaux, le Web, mais ont peu d’occasions de se parler et d’avancer ensemble en raison du coût des transports et des difficultés logistiques.

Dans un second temps, nous voulions montrer, d’une part à l’opinion française qu’il existe une nouvelle génération africaine qui agit et qu’il faut intégrer sur la scène internationale ; et d’autre part, aux pays africains, que la nouvelle génération française agit également. L’enjeu est que nos Young Leaders mènent des partenariats ensemble. Cette année, le fil conducteur de la semaine est la transformation digitale et le numérique, l’impact de l’open data sur le développement économique.

Quelque 600 candidats ont répondu à votre appel à candidature. Comment expliquez-vous ce succès ?

Le résultat a dépassé nos attentes ! Ces candidatures venues de 43 pays valident un état d’esprit qui montre que la nouvelle génération est prête à travailler ensemble et à s’affranchir des histoires du passé pour travailler, créer de l’emploi et trouver le maximum de partenaires possible.

Nous avons diffusé l’information via les réseaux sociaux, grâce à une mobilisation digitale de notre équipe. Ce qui correspond aux outils de communication et de dialogue de cette nouvelle génération qui a majoritairement comme outil le digital pour exister en matière de citoyenneté économique et sociale pour se faire connaître dans le monde.

Depuis le début d’AfricaFrance, nous utilisons les réseaux sociaux pour s’adresser directement à cette cible. Depuis deux ans, nous recevons des mails sur notre boîte contact pour connaître la date de démarrage du programme. Et le moment venu, nombreux sont ceux qui ont répondu présent.

Vous souhaitez rendre visible cette jeunesse. Comment allez-vous procéder au-delà des deux séquences du programme ?

Nous leur offrirons un appui à travers nos réseaux sociaux qui représentent une visibilité. Ces leaders ne savent pas forcément communiquer. Ils sont très impliqués sur la réussite de leur entreprise, mais ne disposent pas toujours des codes. La première étape est de leur donner les outils pour apprendre à exister au même titre que n’importe quel leader dans le monde.

Plus concrètement, c’est à travers nos rencontres et notre réseau que nous souhaitons les propulser au sein d’un réseau Afrique-France. Dès septembre, une rubrique mensuelle sera dédiée dans notre newsletter à leur actualité et leurs avancées, des informations diffusées au sein d’une communauté de décideurs de 25 000 personnes en Afrique et en France.

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Written by African Business

Fort de son succès, ce magazine est une référence pour les femmes et les hommes d’affaires en Afrique. Il permet aux décideurs d’avoir une approche concrète du marché et de saisir de nombreuses opportunités à travers le continent africain. African Business est respecté et reconnu pour son intégrité éditoriale et sa contribution au développement de l’Afrique. Tous les secteurs de l’économie sont couverts par des journalistes renommés. Les numéros annuels sur les “200 Premières banques” et les ‘‘250 Premières entreprises’’ sont devenus de réels outils de travail et des indicateurs du climat des affaires en Afrique. Chaque année, les Trophées d’African Business récompensent la réussite des entrepreneurs et des les entreprises les plus performantes du continent.

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